Si votre cœur comprend le message de l' oiseau, si votre oreille s’émeut du murmure du ruisseau ... ou si vous vous laissez simplement guider par ce que vous nommez le" hasard" , bienvenue et bonne lecture.

jeudi 11 avril 2013

Au pays de Merveille.(34)

Il est tombé des cordes. Que de l'eau, en cascade. Ciel qui pleure en séries. Un déluge sans arche, sans refuge, sans répit. Sans même de colombe. Oiseau de papier peint rayé d'un trait de gomme. Oiseau n'existe plus. Puisqu'il ne sert à rien. Qu'à montrer des chemins juste pour s'embourber.

Et Rose, en son jardin, et Rose sur sa tige a perdu ses pétales. Les unes après les autres.
Sous les assauts du vent, jadis son ami. Le même qui autrefois dissipait ses fragrances. Au delà des buissons. 
 La dent de cochenilles qui n'auront jamais d'ailes et convoitent sa robe, trouvant présomptueuse sa quête de soleil.
Et le poids des nuages inondant sa corolle. A la faire ployer sous son arc d'épines. A la faire toucher terre. 
Il est tombé des cordes ? Un genre de théorie ? 
C'est là que la merveille, celle qui veille au jardin, la vraie, Dame Nature, accomplit son miracle. 
A l'abri d'un pétiole, un point rouge, comme un grain, comme le centre d'un cercle. Où petit à petit, un bouton minuscule, va émerger du tout, et pointer vert des feuilles en s'ouvrant à la pluie. A pointer vert.. et Rose. 

lundi 18 mars 2013

Le musée imaginaire. (33)

 Une idée saugrenue. Celle de collectionner. Mais collectionner quoi ? 
Des fleurs comme la prairie? Bleuets et pissenlits? Fraîches fleurs de saisons.  En tapis, en boutons. Je les possède toutes! De chaque côté des routes.

Alors des cailloux blancs, silex et  fossiles, galets plats, coquillages.
 Si je suis sur la plage, je foule leur écrin et puis pour les cailloux, j'en ai plein les chemins.

 Il faut changer un peu et être originale. Dans mon monde musée, que puis-je  rassembler?
 Tant de soleils-levant éclairent mes horizons. Difficile de classer mes siestes estivales. Quand aux tics et aux tacs, des montres et des horloges, s'il fallait les compter, je ne dormirais plus. Et cela m’ennuierait, je collectionne les rêves. 

Je caresse l'espoir de remplir d'autres armoires. Une collection d'âneries? J'en ai bien quelques pièces. Devenir numismate ? Pour tester l'avarice...laissons là ces malices!

J'ai trouvé. Denrée rare. Collection de silence. Et de calme en tout genre. Kyrielle de soupirs, pauses et interruptions. De messes basses, de répits et de... chut! Tais toi donc !  








mercredi 6 mars 2013

Chant du" passer domesticus." (32)

 Une pause au doux soleil de fin d'hiver et un ciel qui devient sombre. Des oiseaux, de proie, ou de mauvaises augures qui de leur envergure, d'ailes qui n'en sont pas, nous cachent l'astre roi. 
 Cauchemar.
 Que veulent les rapaces? Prédateurs associés ! En bande organisée.
Griffes, serres acérées et le bec crochu. Parachute doré au cas ou les soupirs, les souffles de la plaine baisseraient la cadence. Ne les maintiendraient pas. A leur très hauts paliers.

Tels Icare, un jour ou l'autre, ces messieurs vont tomber, à force de vouloir flamber. 

Le soleil déteste qu'on lui fasse de l'ombre. Il effiloche bien les nuages...il les fera partir en fumée. 

Tôt ou tard.  Parole de moineau !

lundi 25 février 2013

Marchand d'heures. (31)

-"Il faudrait que s'ouvre une épicerie. Tout me fait défaut, même ici!
-"Tout ?" siffle Oiseau.
 -"Pas tout tout, vois-tu, mais au moins pouvoir trouver l'essentiel.
A commencer par de grands bocaux. Des grands bocaux de temps. Du temps en billes rouges, du temps en billes bleues qui colorent la langue. Et en faire des bulles. Des bulles qui explosent si on les gonfle trop...
 Des matins soleil en sirop. Des soirées sans déconfitures. 
 Ou encore des heures en bouteilles. En tête de rayon. A consommer sans modération.
Des boites de minutes à craquer comme des allumettes. A croquer comme des gaufrettes.
Une épicerie avec un coin fromagerie. Du temps en tranches, pour l'apéro. Quelques trous dans le temps juste pour faire joli, du demi affiné. Même du temps à râper.
 Et à la devanture, coin des quatre-saisons. Des kilos de journées pesées sur la balance...du temps à dépenser. Sans devoir le compter."

vendredi 15 février 2013

Tremblement de routes. (30)

 Un voile azur qui tombe à la fenêtre. 
Enfin.
 Oiseau est en voyage..., génial! ça tombe bien.
-" Éveillons nous vite Rose. Quittons l'imaginaire. Et poussons au delà les barrières du jardin. En guise de déjeuner je propose un bol d'air. "

Lavoir abandonné. Halte du petit cours d'eau.
Je pense aux bâtisseurs. Sans intérêt sans doute, à leurs vies traversées. Des voisins d'autrefois. Fades comme je peux l'être... quand je ne suis que moi.
  Et Rose qui murmure que les pierres posées sont bien l'oeuvre des Hommes mais que c'est leur esprit qui les a commandé. Et peut être leur cœur qui voulait abriter les lavandières- sœurs.
Des Oiseaux et des Roses ont toujours existé. 

Je poursuis sur la route. Des talus me regardent. Avec leurs yeux soleils,  ou encore les prunelles de quelques véroniques. 

Dans le ciel une course. De deux traînées d'avions. Et je pointe le nez dans leur blanches directions.
  Mince, il m'a repéré!  Oiseau sur le retour voulait faire remarquer, la soulignant, la Lune! Sphère ourlée de lumière à deviner dans l'ombre. Luminaire d'argent qui suivait l'astre d'or. Et qui marque le temps.

...Il va falloir rentrer...Rose a leur cœur serré.

A traverser les bois, quand passent les nuages, l'hiver s'accroche encore aux branchages frileux.  Boue et terre gorgée, feuilles mortes en tapis. Troncs. Sous- bois vert moussu. Pagailles échevelées.

Mais soudain, à peine défroissée, sur sa branche sauvage... une fleur de prunier.

dimanche 10 février 2013

Adieu l'hiver...et qui dit vert...j'espère! (29)

Ce matin je me suis éveillée avec des fourmis dans les jambes. Ça change d'un oiseau dans les pattes...
Envie de mettre de la couleur partout. De faire éclater de rire les bourgeons des arbres, de grimer en bleu un ciel  bas résilles , de semer confettis au vent.  Et de sortir mon parapluie pour crever d'ennuyeux nuages.
Aussitôt se lève une tempête arc en ciel.

 Un tablier de vichy rose pour me masquer en écolière, un nez pincé et un chignon, et dans la peau de la rombière.  Un manteau de fourrure mitée sous des lèvres peintes à l’excès.
 Belle du port sur la jetée.
 Un ciré jaune de pêcheur parti à l'assaut d'une écume. Mousse de bière blonde, et ambrée. Même de blanche et puis de brune.
 Pagne de paille, noix de coco, et traits noircis et chapeau plume.
 Caricature des marchands d'hommes.
Qui est la femme ou l'ouvrier ? Est ce la voix de mon  patron dans l'air paillard de ces chansons ?   Brumes à boire,  fumées d' usines.
Est ce mon cousin ? Est-ce ma voisine ? 
En vieille bourgeoise endimanchée galopant moinillons ventrus. Eux se gavent de  harengs-saur crus...

Hola! de qui se moque-t-on? Aux cendres irez en confession.
Fifres tambours à l'unisson.

à ma ville de naissance et son carnaval
  

mardi 5 février 2013

Point d'interrogation. (28)

Les poings sur les hanches, je regarde Oiseau droit  dans les yeux et lui dis :
  
- "Des points sur des i et des points alignés... Des points à discuter et puis à en découdre. A broder, à compter, à contourner aussi... surtout lorsqu'ils ne tournent pas trop ronds.
Les relier entre eux, jusqu'à ce que des traits... d'esprit livrent leurs intentions..."

-"Carrément grotesque !" siffle beau merle.

-"Nous y voilà ! Tu me brises les lignes ! Résultat, moi je perds le droit fil de la conversation.  Quand serons nous sur le même plan? Tiens des stances affines dans tes gazouillements ! Sache que je n'ai pas d'ailes, pas le moindre segment pour te suivre ainsi et ce par tous les temps !"

Oiseau me fait croire qu'il pourrait arrondir les angles mais déjà il s'envole.
 Aux quatre points de la rose des vents.