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vendredi 23 novembre 2012

Quand on arrive en ville. (14)

Au chant du coq je m'éveille boudeuse.
Et j'avance. Je marche longtemps.
Mon destin.

Je voudrais une ville. Petite. A la dimension de mes rêves. 
Un chemin pour y accéder. Bordé d'arbres de carton-pâte. 
Cité close et pavée qui garde sa porte ouverte. Jour et nuit.

Je l’atteins entre chien- loup. Exprès. Pour saisir les lueurs orangées qui éclairent les hautes fenêtres des ruelles tortueuses. 
Des réverbères aussi. Une ville sans réverbères ce n'est pas une ville.
 Au dessus de quelques portes, des enseignes tintent au vent du soir. Des métiers d'autrefois que désignent fer forgé et bois peint.

Un jardin de simples. Enluminé. Miniature sur parchemin soulignée par l'or du couchant. Jardin de curé ?
Un autre, plus loin. Celui de Tistou peut-être. Gravure sortie d'un manuel scolaire. Sillons tracés à la mine de plomb. Une brouette, un banc, des arbres en espalier fait de hachures fines.

Un clocher qui rythme les heures.

Et un porche. Pour attendre demain.