Si votre cœur comprend le message de l' oiseau, si votre oreille s’émeut du murmure du ruisseau ... ou si vous vous laissez simplement guider par ce que vous nommez le" hasard" , bienvenue et bonne lecture.

mercredi 8 janvier 2014

Eléments taire ! (47)

Si le vent pleure et que la pluie est toute de larmes, c'est que plus personne ne veut les écouter. Et pourtant ils en auraient de grandes choses à dire. Mais au lieu de cela on les laisse gémir.

Il parait que le premier se trompe toujours de direction. Qu'il invente des hurlements à faire couper le souffle.
 Ou qu'il rend l'auditoire complètement cinglé. 
On l'accuse même parfois de corrompre les nuages. Ou bien de leur donner des formes inconvenantes. De sirènes chevelues, d'Amazones ou d'Atlantes...de cheval au galop, de vieil homme barbu...
 Rappelons qu'un  cumulus, normalement constitué, doit avoir l'air d'une pelote de coton. A l’extrême limite ressembler au mouton.
 Mais pas question d'y voir image mensongère. On ne lit pas dans les nuages.
 On écoute les journaux, à la télévision !

Et l'averse maudite, à faire des ronds dans l'eau. Comme si elle connaissait, et Pi, et Pythagore ! Qu'elle était cultivée...!
Ou l'ondée, cette folle, qui laisse sur nos routes des tâches irisées...
Ne serait elle un peu sorcière, à capturer ainsi les prismes de lumière ?
Surtout ne pas les admirer. Ni elles, ni d'ailleurs la rosée.
 Il y a mieux à faire qu'étudier ces sornettes. Ou que de versifier. 

Rien ne vaut une bonne rediffusion, le soir à la veillée.

jeudi 21 novembre 2013

Les torpeurs de l'automne. (46)

Si Oiseau semble filer à la verticale, le suivre est loin d'être aisé.  Sans ailes et à l'horizontale.
D'autant que la route serpente.

Je me demande d'ailleurs quelle mouche m'a piquée. Le long de ce chemin.
Certitude absolue, ce n'est pas mon bourdon. Celui de pèlerin.

Ne serait-ce un rouet,  fuseau d'une quenouille ? Une ronce oubliée à la mare aux grenouilles?
Ou bien un aiguillon. 
Pourquoi faut il toujours que je m'attarde. Sur des petits détails, à des fagots d"échardes.
Oiseau le ferait-il exprès ? De traverser des cieux, horizons tourmentés. Le pays fou furieux de la curiosité !
 Ne me guiderait-il au pays de la Science, de la Philosophie, et de la Quintessence que pour mieux  m'endormir?  Ou pour me réveiller !

...Toujours est-il que je suis vraiment bien  fatiguée...

Si j'étais animal, je serais Ourse brun. Pour grogner à souhait au fond de ma tanière.
J'effectuerais un saut de puce, pour passer vivement Sainte Luce. 
A grand galop, fête des Rois. Pour éviter les blancs frimas.
Ou je serais marmotte, le cœur au ralenti. Pour dormir tout l'hiver.
Et je m'éveillerais, par Hélios embrasée, changée en butineuse.
Alors, fraîchement  ailée  d'une toute nouvelle curiosité.




mardi 29 octobre 2013

La fenêtre. (45)

La lumière est très curieuse.
La lumière de m'observer par delà les ouvertures. De l'autre côté du carreau.
Comme une croix, le meneau
devant lequel je contemple.
Et je me tiens là, debout.

 Je soupire au soupirail. Mes yeux vitreux au vitrail croisent l'éclat de ses feux.
 Mon souffle va lui répondre, en vapeur, exhalaison. Car humide est la saison.
Des bourrasques de l'automne.

Le temps est à la fenêtre. La buée sur les carreaux.
Je dessine des ronds dans l'eau. Mets des formes à ce nuage.
Des motifs géométriques, ellipses et parallèles.
Et le V des hirondelles.

Mon doigt trace des caractères, que ne lirait Champollion.
La lumière sait mon mystère. La lumière sait ma chanson.



mardi 15 octobre 2013

La flèche du Temps.(44)

Il y avait longtemps que Oiseau n'avait revêtu sa toge de maître.
 Je le soupçonne d'aimer ça !
 Soudain, se saisissant  d'un arc au ciel, il  nous décoche une drôle de flèche.

"- Conjugaison ! Valse en trois temps :
Au présent  de la Mémoire, conjuguez le verbe pleuvoir !
 Et je ne veux  ni  " d' il pleuvait", ni  "d' il a plu toute la journée."

 Il tombe une pluie....continuez !"

"-... Se sont tus, les chants de cigales tout le long du sentier. Les bleuets de l'été dorment aux creux des herbiers."

"- Parfait, vous avez compris. Que le présent vit au passé. Et de ces souvenirs qu'on ne peut dérober.

 Maintenant le présent. Mais selon Augustin. Un présent Intuition. Présent que j'aime bien."

Une intuition de pluie ?...Comme dans les prévisions ?... Météorologie...?

"-Il ne faut pas pleuvoir, cela ruine l'espoir. Et cela fait gonfler. Et les lacs. Et les cieux, qui se vident peu à peu.  Vont jusqu'à s'assécher."

"-Je vous l'accorde.
 Mais mieux. Notez la correction ! :
 Tu prends ton parapluie, c'est un temps de saison.
 A défaut... un mouchoir...
mais voilà qui est dit !
Passons au temps d'Attente. Passons à ce présent. La pointe de la flèche, de la flèche du temps."

"- La pluie noie le chagrin...il en faut au jardin. Mais je regarde l'horizon et je le trouve flamboyant.

Des rouges de l'automne."




jeudi 19 septembre 2013

Rêve de caillou. (43)

-Oiseau, raconte moi une histoire.
Une belle, si possible. Une où la Terre tournerait rond.

- Une histoire de Terre ? Oublie-ça. Il faudrait remonter trop loin. Du Temps où Alice passait encore par le trou du terrier. Du Temps où Peter Pan savait encore voler. Et du Temps où les loups n'avaient pas face d'Hommes. Je vais te raconter une histoire de Lune. Pour te faire pleurer.
...Il était une fois...
Pleurer, ça commençait. Avec ce préambule. Un verbe être au passé. Ce petit mot de "une" des choses qui ne durent pas. Associée à" fois".

-Once upon a time,... reprend le volatile.
-Une fois sur le Temps...Bel Oiseau je t'écoute. Et sans interruption.
-Un petit caillou vivait sur le dos de la Lune. Ça fait quoi, un caillou? Surtout de ce côté!
 Ça vit sa vie de caillou.
 De savantes personnes diront que de rester à attendre comme ça, c’est faire partie de l'équilibre du monde. Être là, est la finalité. Et un jour, de l'état de caillou, on passe à la poussière. Car la postérité, cela ne veut rien dire. Il faut savoir rester logique et ne pas trop chercher ...
 Aussi, ses autres congénères en semblaient bien heureux. De leur vie de cailloux. D'être là dans le noir.
Sur le dos de la Lune, il ne fait jamais clair. Et il ne fait pas chaud.

Le petit caillou vivait ainsi depuis bien longtemps. Mais, en secret, il regardait les points lumineux...très très loin, tout là-haut. Qui lui dessinaient des images. Et cela l'occupait. L'aidait à attendre les grands vents. Qui réduisent en poussières.
C'est alors qu' un point brillant zébra le ciel avant de venir s'éteindre non loin de lui.
Puis un autre. Et le petit caillou se dit que peut-être, lui aussi, jadis,  il courrait dans le ciel. Et c'étaient là ses frères et ses sœurs qui venaient, pour parler avec lui.
Il le désira tellement que ce fût vrai. Un météore de la taille d'un grain, encore tout brûlant à ses côtés, lui dit:
- Tu regardes ces luminaires mais te souviens- tu  qu'il y en a un autre. Gigantesque et non loin d'ici...
De l'autre côté. Et qui inonde le visage de Séléné.

Il y avait si longtemps qu'il était là, que le petit caillou avait perdu la mémoire. Mais à partir de ce jour, il n'eut plus qu'une envie. Voir l'astre géant.
 Et sa vie de caillou fût encore plus morne qu'avant.
Les étoiles au firmament lui paraissaient maintenant bien fades. Seul le passage de  météores lui rappelant qu'Hélios était, lui amenait quelques joies.
Et le temps passa. S'il existait. Car rien n'est moins certain que le Temps sur le dos de Lune.

D'autres points lumineux vinrent le voir, un matin.
- Il n'y a pas de matin sur la face cachée!
- Ils vinrent un jour alors.
- Mais pas de jours non plus. Vinrent-ils ou il rêva ? Car ça rêve un caillou sur le dos de la Lune.
Et puis ça hurle aussi.

- Hors du Temps, si tu veux , une pluie de météores. Des météores gros comme des poings.
 Et le sol de trembler. Une autre pluie encore.
 Et le caillou qui saute, et qui saute , et s'envole sur les bords de son monde, à la joue d'Artémis. Limite du quartier.

Et là ! Comme un soleil.Comme un feu dans le ciel. Le caillou qui renaît. Qui brille. Qui se fait or, sur le sol d'argent. Et le caillou de prendre à lui tous les rayons. Il s'en gorge. Il s’enivre. Il en est aveuglé. Du rouge,du vermillon, du jaune, de l'orangé. Des explosions solaires. Qu'il est bon d'exister. De n'être qu'un caillou si c'est de l'admirer. De chanter ses louanges. Et de le regarder.

Sur la joue de la Lune, il y a des matins. Mais il y a des soirs.
 Hécate. Lune noire.

 L'histoire est terminée.

-Alors il y a encore espoir ? Car une lunaison représente juste une saison...
-C'est vrai en apparence. Mais tout est mouvement, donc sur Terre, parfois non.

 Et c'est souvent pour ça, qu'elle ne tourne pas rond.




jeudi 12 septembre 2013

Le Carnet de Correspondance. (42)

Du raisin sur la treille, conférences au jardin.
Et un parfum qui flotte.
Temps des rentrées lointaines. Poussiéreuse pendule à ce cadran scolaire. Qui s'est tout effacé.
Formation continue, en un rythme solaire. Du soutien accordé.

Celle-ci se veut épistolaire.  En grande section s'il vous plait. Mais version remastérisée.
Et maître Oiseau à son pupitre.
Qui dirige ou qui fait le pitre.
Met deux L au mot liberté.

Au programme de la saison,  un cours de destruction massive. Celle des lignes imaginaires...que l'on appelle des frontières.
Un cours de grande qualité. Celui de la Paix retrouvée.
 Ensuite, partage du goûter.

L'après-midi est pour les Sciences.
 Ciel, eau, jour, nuit, tropiques. Religieuses Mathématiques.
Puis cours de langues appliquées.
Des mots de toutes les couleurs au joli verbiage des fleurs.

Chapitre I, grand A, notez !

Que si le zéphir entremêle, et mêle encore les ancolies...l'automne apporte des colchiques...qui bien loin d'être toxiques, le cœur savent cautériser.




mercredi 4 septembre 2013

Feu d'artifice (41)

-Entends-tu?
Que devrais-je encore entendre ? J'ai sommeil et puis je ne veux plus écouter.
-Entends-encore. Juste un peu. S'il te plait.
Je soupire.
 C'est la fin de l'été , il n' y a plus rien à faire.
-Concentrons nous veux-tu?
J'obéis, j'obtempère. Oiseau est  insistant.
Les champs blonds sont coupés, que pourrais-je bien apprendre?

 Et là, la tige d'or qu'on a guillotinée, émet un craquement. Elle, et puis une autre. Une voisine plus loin.  Ça claque de partout, sur les bordures sèches, comme un feu d'artifice.
Jaillissent les criquets et les papillons jaunes.
 Je n'écoute plus, j'entends, je sens et je partage.

Sur le ciel encore bleu, sur le ciel mature, les feuillages eux aussi se découpent ridés. Rougissent de plaisir de voir encore briller, un soleil qui résiste à tous calendriers.
L'explosion se prépare. Celle des feux de l'automne. Et la terre crépite. Gardant en souvenir, au creux de ses sillons, et bientôt retournées par la charrue du Temps, les chaleurs de l'été.