Si votre cœur comprend le message de l' oiseau, si votre oreille s’émeut du murmure du ruisseau ... ou si vous vous laissez simplement guider par ce que vous nommez le" hasard" , bienvenue et bonne lecture.

mercredi 4 septembre 2013

Feu d'artifice (41)

-Entends-tu?
Que devrais-je encore entendre ? J'ai sommeil et puis je ne veux plus écouter.
-Entends-encore. Juste un peu. S'il te plait.
Je soupire.
 C'est la fin de l'été , il n' y a plus rien à faire.
-Concentrons nous veux-tu?
J'obéis, j'obtempère. Oiseau est  insistant.
Les champs blonds sont coupés, que pourrais-je bien apprendre?

 Et là, la tige d'or qu'on a guillotinée, émet un craquement. Elle, et puis une autre. Une voisine plus loin.  Ça claque de partout, sur les bordures sèches, comme un feu d'artifice.
Jaillissent les criquets et les papillons jaunes.
 Je n'écoute plus, j'entends, je sens et je partage.

Sur le ciel encore bleu, sur le ciel mature, les feuillages eux aussi se découpent ridés. Rougissent de plaisir de voir encore briller, un soleil qui résiste à tous calendriers.
L'explosion se prépare. Celle des feux de l'automne. Et la terre crépite. Gardant en souvenir, au creux de ses sillons, et bientôt retournées par la charrue du Temps, les chaleurs de l'été.

jeudi 29 août 2013

Le Maître de Forges. (40)

Je cours les marchés et les villes. Je questionne même les souterrains.
 Il parait que seul sur son île, il sait les secrets de l'airain. Et  qu'il y  fabrique la foudre.
 Roche ignée, granite, lave en poudre.
 Le tout réduit en un chaudron.
 Minerai grouillant des entrailles. Que c'est un divin forgeron!
 Et qu'il claudique aux yeux du monde.

Bel indice pour le retrouver... 
Taratata, point de sornettes! Je veux un forgeron sorcier. 
Frappant du marteau sur l'enclume, et cuivre rouge et cuivre blond. 
Ami d'Achille, le saint patron
qui  au cœur de Rose soit capable, de fabriquer une belle armure
toute en acier inoxydable car oubli de mère Nature, 
il y manque  ... quelques épines.
Quelques épines bien acérées.

 Mais là, Oiseau n'est pas d'accord. Cela m'aurait bien étonnée... 
et le voilà parti dans mille explications :
 Botaniques...évidemment !
"La tige est encore près du sol. Là où croupissent les limons.
Mais le cœur tutoie le Soleil...c'est la meilleure des protections."

"...Ta Parole est murmure
Comme un secret d'amour
Ta Parole est blessure
Qui nous ouvre le jour;..,"
Gilbert Bécaud

mardi 20 août 2013

La poudre aux cieux (39)

Oiseau est un illusionniste. En son domaine il est champion mon bel oiseau caméléon.
Mais ce qui est vraiment magique, c'est qu'il ne le fait pas exprès.
On dirait un enfant gâté.
Parfois.
L'air de rien, le regard en coin.
Il trace les aurores du ciel. Et  mêle l'eau à l'horizon. Sait faire vibrer le diapason.
  Laisse apparaître des mirages dans des nuages plumes cendrées.

Ensuite il se tortille le bec... et puis petite moue étonnée.
-J'ai fait tout ça? Tout déclenché? Je n'y avais même pas pensé.

Et Oiseau s'endort sur sa branche... pour ne pas être dérangé. Mais demain il va se venger.
En poussant son chant  à tue-tête quand le soleil pointera le nez...

vendredi 2 août 2013

La Rose et la Salamandre.(38)

J'ai mis la rose entre deux pages...
Mille ans qu'elle attendait,  refleurissait sans cesse. Mille ans qu'elle espérait...dix siècles qu'elle savait. Même un peu plus encore.
 Odes des troubadours qui propageaient la flamme. 
Au détour d'un sentier, ou le long d'un chemin, il était obligé qu'elle le croise un matin.
 Rose les yeux vers le ciel, lui sur l'eau du ruisseau...ou accrochant aux arbres les voiles de dentelles de quelques araignées, les fileuses des bois.
Elle a crié très fort, en son for intérieur.  Pour que nul ne devine son appel dans la nuit. Ses prières au Soleil. Personne. Juste lui. 
Elle s'est habituée, elle allait même guérir.
 Pour cette floraison, était venu le temps de la résignation. Elle avait accepté de perdre ses pétales, de perdre les pédales...l'ombre  ne viendrait plus.
 Existait-il vraiment, le guide son âme? Ou bien tous ces messages, d'anges sinon de démons, n'étaient que dans sa tête. Et n'étaient que foutaise.
Elle a crié si fort...!
Rose un soir, sur son banc, Rose un soir sur sa pierre, l'espace d'un instant, au clair d'un réverbère  a reconnu sa voix...a capté sa Lumière. Libre, furtive et belle. Salamandre en plein feu.
Hélas...
 La victorieuse certitude suivie de la décrépitude...inéluctable de la fleur.

J'ai mis la Rose entre deux pages...dans mes chers livres elle va sécher. 
 A dans une autre vie, peut-être...!  La Fleur  sur le Temps sait danser.








mardi 11 juin 2013

Mon ancre violette. (37)

Quelques images pour un hommage. Semis de fleurs violettes.
 Sur fond de tablier. A l'heure du goûter.
Rhubarbe en confiture, raisin grappes vermeilles ou vendu en bouteille. Jus de fruit parfumé.
 Quelques histoires mystérieuses pour faire de moi une curieuse. Quelques histoires, quelques secrets. Goût de gâteaux flamands sucrés.
Dimanche midi palets de dame. Voyages en mots chemin des larmes. Illustrés de photos jaunies.
 C'était au temps des Dardanelles. 

Des mains parcheminées où danse le crochet.  Et où court la dentelle.
 Quand il s'adresse à elle, papa qui dit Grany. 
Des boules de parfum crème, eau de Cologne ambrée et papier d'Arménie.
Fragrance de lilas. Colchiques dans les près, à chaque fin d'été.
 Mauve de toute une vie, couleur en demi-teinte. Laissée en héritage. Pour mes heures d'écriture. Et de lecture aussi... 
Des livres auprès du lit.
 Pluie de petits dictons pour traverser le temps et garder la mémoire. Faire chanter les couleurs. 

Un chignon bien serré tout de fils argentés et suprême trésor, lorsque l'on a sept ans, une dent couleur or au sourire diamant.

vendredi 24 mai 2013

Tragédie du printemps.(36)

Soudain, un trait de gomme effiloche les mots que les passages avaient écrits à tire d'aile. Milliers de mots dessus le ciel. Phrases cousues depuis les arbres ont disparu comme traînées d'avions.
 Chansons douces des berceuses.  Mots de consolation. Paroles d'encouragement. Billets d'excuses aux heures de fièvres.
 Et tout ce temps passé à guetter que chats ou sacripants ne découvrent la cachette. A l'abri dans les pierres.
 Sans compter les tonnes de vers. Dont la recherche avait fait maigrir Oiseau.
 Ou l'avait fait prendre quelques kilos... A tourner dans les sauces ! Et à goûter les crêpes.

Depuis quelques temps plus rien n'était pareil.
 Oiseau le voyait bien.
 Les œufs de jade qui, jadis, avaient coiffé les oisillons n'étaient plus que poussières et dans le nid, à son approche, on détournait la tête.
 "Les lombrics n'étaient plus assez gras". Ou encore" l'étaient trop".
 Et la nichée soupirait,  en gonflant les petits poitrails. Et préférait tuer le temps à envoyer à coup de bec, des messages à ces galopins peuplant taillis et bois voisins.

Au plus beau de la journée, triste constatation.
 Le nid était vide.

Cela devait arriver. Nature l'a décidé ainsi. On ne fait pas les petits pour soi.

Comme un trait de gomme le Temps effiloche tout. Même ces marques que l'on croit indélébiles. Celles de l'Amour inconditionnel.
Sur sa branche, la pauvre huppe scrute le ciel. Maintenant, ses jeunes volent de leur propres ailes.
 Ne se retourneront-il pas ? 
J'ai lu un jour que les oiseaux ne savaient pas qu'ils savent.
 Mais ce que je sais aussi, c'est qu'un jour, à leur tour, les oisillons seront oiseaux.


vendredi 26 avril 2013

Le petit Théâtre.(35)

 Un ballet de brindilles. Décors de ciel fondant,  branchages à l'avant-scène. Sous le grand projecteur va-et-vient incessants. Printemps finalement a frappé les trois coups. Car la salle était pleine. Mais surtout impatiente.
 Oiseau fait son spectacle. Son grand show annuel. Sa kermesse colorée. Comédie musicale et grandes envolées.
Au lever du rideau sa mélodie naissante.
 Tonnerre d' applaudissements des joyeux contrevents aux façades de pierres.
 Comédie en trois actes:
"Oiseau construit son nid."


 Il faut ranger le nôtre. Nettoyage de printemps.

Un balai de coco. Pour chasser les ennuis. Les moutons d' "habitude" dormants sous les armoires.  Faiblesses,  préjugés, cafards et idées noires.
Aérons la maison, oxygénons nos cœurs, révisons jugements et autres à priori. Éveillons nos consciences  car si Oiseau s'affaire et semble n'avoir que faire de nos occupations, il reste aux aguets.
 De ses coulisses boisées.  Nommé  metteur en scène !