A mercredi soleil a succédé jeudi chagrin. Le chat s'endort dans le jardin.
Oiseau et tous ses frères chantent une mélodie aux accents gris-amers des tristes jours de pluie.
Dans le prunier voisin, contrairement aux hommes, ils ne connaissent la rancune. Et partagent mauvaise comme bonne fortune.
L'hiver pourtant touche à sa fin. Il me l'avait promis hier. Aux émaux verts d'un beau matin.
Seulement au pays de promesse, le ciel nous ment, je le sais bien. La pluie, l'absence et la tristesse. Et le chat qui dort au jardin.
Parfois, il y a comme un miracle. On dirait un été indien. Mais la vie est un grand spectacle. Ou tout se paie. Elle n'offre rien.
Même les joies qui sont éphémères.
A mercredi soleil a succédé jeudi chagrin.
Blottie à l'ombre des racines du sapin qu'elle a tant aimé, au jardin repose Joséphine.
Emportant avec elle tous les songes d'été.
à ma petite Jojo qui nous a quittés le 20 février dernier.
Suivre l'oiseau au pays de l'imaginaire, celui de la rose qui sommeille en soi.
Si votre cœur comprend le message de l' oiseau, si votre oreille s’émeut du murmure du ruisseau ... ou si vous vous laissez simplement guider par ce que vous nommez le" hasard" , bienvenue et bonne lecture.
samedi 23 août 2014
jeudi 22 mai 2014
Courants d'air. (49)
Point de réponse, pas de question !
Oiseau me trouve bien silencieuse. Je lui retourne le compliment.
Serait-ce un dialogue de sourds ?
Au moins, dames les araignées, qui lancent à tous les vents leur soie, cherchent à quelques bois l'amarrer. Les fils envahissent les airs. Trame qui zèbre le jardin. Depuis les sauges au romarin. Du romarin jusque aux sauges.
Alors je veux bien cuisiner. Au risque d'avoir l'air toquée. Mais avouons que sans recette, à devoir bailler aux corneilles, j'envierais presque les abeilles. Elles savent lire les pas de danse pour faire espérer l'ambroisie...
A éviter : la jalousie. Elle est mauvaise conseillère.
Oiseau je te comprends souvent. Mais je ne t'entends pas toujours. Interférences organisées.
A tous ceux qui brouillent les ondes : regardez le beau une seconde. C'est là la seule vérité.
Oiseau, qu'à ton ciel je me noie.
Que l'eau murmure ton discours.
Que mon chemin mène à ta voix.
Pour essaimer tes mots d'amour.
Oiseau me trouve bien silencieuse. Je lui retourne le compliment.
Serait-ce un dialogue de sourds ?
Au moins, dames les araignées, qui lancent à tous les vents leur soie, cherchent à quelques bois l'amarrer. Les fils envahissent les airs. Trame qui zèbre le jardin. Depuis les sauges au romarin. Du romarin jusque aux sauges.
Alors je veux bien cuisiner. Au risque d'avoir l'air toquée. Mais avouons que sans recette, à devoir bailler aux corneilles, j'envierais presque les abeilles. Elles savent lire les pas de danse pour faire espérer l'ambroisie...
A éviter : la jalousie. Elle est mauvaise conseillère.
Oiseau je te comprends souvent. Mais je ne t'entends pas toujours. Interférences organisées.
A tous ceux qui brouillent les ondes : regardez le beau une seconde. C'est là la seule vérité.
Oiseau, qu'à ton ciel je me noie.
Que l'eau murmure ton discours.
Que mon chemin mène à ta voix.
Pour essaimer tes mots d'amour.
dimanche 9 février 2014
Mon Royaume (48)
Oiseau, viens donc boire un café. Je t'offre un jus du Nord. Avec la chicorée.
Je veux te montrer quelque chose :
Un royaume du temps d'en la vallée des Roses.
Oui mais ne triche pas ! Je vais le dessiner.
Commençons par la lettre D.
Tirée d'une revue qui aide à bricoler.
J'en fais un majuscule, je vais l'enluminer.
Je peins une demeure. J'y place des invités.
Venus des quatre coins de la Rose des vents.
Et qui donnent, en hiver, aux fenêtres leur chant.
A l'aide d'une encre sympathique, je trace des jeux de mots joyeux.
Ils orneront tous les repas.
Menu: Calembours savoureux, au dessert Carambar de choix.
A rendre jaloux Camembert, ce bon vieux sapeur d'autrefois.
Puis des récits mystérieux. Écrits du Grand Albert, secret de Fatima.
Pour frissonner un peu. Se poser des questions. Sur tout ce qui existe et ce qu'on ne sait pas.
De ce royaume, voilà les terres. J'ai fait le tour de la maison.
Dans un jardin mouchoir de poche, des plates-bandes de radis.
Voilà son bout du monde à lui.
Les planches de ses souvenirs.
Depuis les rives de l'Aronde, jusqu'aux pentes du mont Ganelon, il y a longtemps, pendant la guerre.
Où jouait le chevalier Pierre.
Au galop des chevaux de bois. Dans un tourbillon de toupies.
Et dans un angle du jardin, de quatre bouts de bois bâti, je te dessine comme un château d'où s'élèvent des symphonies.
De Sibelius jusqu'à Tino, depuis Chopin jusqu'à Rossi.
Qui cherche encore sa bohémienne, tandis que dansent des gauloises, dans une douce fumée bleue, et rencontrées au bord de l'Oise, lors des banquets des temps heureux. Sur des tables à perte de vues.
Où riait le chevalier Pierre.
Et je vais te peindre un carrosse, une grande voiture dorée. Et au bruit si particulier. Sous les assauts du sel marin.
Au trône avant une princesse. Qui guide les chevaux, son Roi.
Tiens, j'ai terminé, je te montre...
Oiseau découvre une page blanche, avec un regard au milieu.
Oiseau, il est là mon royaume. De mon papa les yeux gris-bleus.
Je veux te montrer quelque chose :
Un royaume du temps d'en la vallée des Roses.
Oui mais ne triche pas ! Je vais le dessiner.
Commençons par la lettre D.
Tirée d'une revue qui aide à bricoler.
J'en fais un majuscule, je vais l'enluminer.
Je peins une demeure. J'y place des invités.
Venus des quatre coins de la Rose des vents.
Et qui donnent, en hiver, aux fenêtres leur chant.
A l'aide d'une encre sympathique, je trace des jeux de mots joyeux.
Ils orneront tous les repas.
Menu: Calembours savoureux, au dessert Carambar de choix.
A rendre jaloux Camembert, ce bon vieux sapeur d'autrefois.
Puis des récits mystérieux. Écrits du Grand Albert, secret de Fatima.
Pour frissonner un peu. Se poser des questions. Sur tout ce qui existe et ce qu'on ne sait pas.
De ce royaume, voilà les terres. J'ai fait le tour de la maison.
Dans un jardin mouchoir de poche, des plates-bandes de radis.
Voilà son bout du monde à lui.
Les planches de ses souvenirs.
Depuis les rives de l'Aronde, jusqu'aux pentes du mont Ganelon, il y a longtemps, pendant la guerre.
Où jouait le chevalier Pierre.
Au galop des chevaux de bois. Dans un tourbillon de toupies.
Et dans un angle du jardin, de quatre bouts de bois bâti, je te dessine comme un château d'où s'élèvent des symphonies.
De Sibelius jusqu'à Tino, depuis Chopin jusqu'à Rossi.
Qui cherche encore sa bohémienne, tandis que dansent des gauloises, dans une douce fumée bleue, et rencontrées au bord de l'Oise, lors des banquets des temps heureux. Sur des tables à perte de vues.
Où riait le chevalier Pierre.
Et je vais te peindre un carrosse, une grande voiture dorée. Et au bruit si particulier. Sous les assauts du sel marin.
Au trône avant une princesse. Qui guide les chevaux, son Roi.
Tiens, j'ai terminé, je te montre...
Oiseau découvre une page blanche, avec un regard au milieu.
Oiseau, il est là mon royaume. De mon papa les yeux gris-bleus.
mercredi 8 janvier 2014
Eléments taire ! (47)
Si le vent pleure et que la pluie est toute de larmes, c'est que plus personne ne veut les écouter. Et pourtant ils en auraient de grandes choses à dire. Mais au lieu de cela on les laisse gémir.
Il parait que le premier se trompe toujours de direction. Qu'il invente des hurlements à faire couper le souffle.
Ou qu'il rend l'auditoire complètement cinglé.
On l'accuse même parfois de corrompre les nuages. Ou bien de leur donner des formes inconvenantes. De sirènes chevelues, d'Amazones ou d'Atlantes...de cheval au galop, de vieil homme barbu...
Rappelons qu'un cumulus, normalement constitué, doit avoir l'air d'une pelote de coton. A l’extrême limite ressembler au mouton.
Mais pas question d'y voir image mensongère. On ne lit pas dans les nuages.
On écoute les journaux, à la télévision !
Et l'averse maudite, à faire des ronds dans l'eau. Comme si elle connaissait, et Pi, et Pythagore ! Qu'elle était cultivée...!
Ou l'ondée, cette folle, qui laisse sur nos routes des tâches irisées...
Ne serait elle un peu sorcière, à capturer ainsi les prismes de lumière ?
Surtout ne pas les admirer. Ni elles, ni d'ailleurs la rosée.
Il y a mieux à faire qu'étudier ces sornettes. Ou que de versifier.
Rien ne vaut une bonne rediffusion, le soir à la veillée.
Il parait que le premier se trompe toujours de direction. Qu'il invente des hurlements à faire couper le souffle.
Ou qu'il rend l'auditoire complètement cinglé.
On l'accuse même parfois de corrompre les nuages. Ou bien de leur donner des formes inconvenantes. De sirènes chevelues, d'Amazones ou d'Atlantes...de cheval au galop, de vieil homme barbu...
Rappelons qu'un cumulus, normalement constitué, doit avoir l'air d'une pelote de coton. A l’extrême limite ressembler au mouton.
Mais pas question d'y voir image mensongère. On ne lit pas dans les nuages.
On écoute les journaux, à la télévision !
Et l'averse maudite, à faire des ronds dans l'eau. Comme si elle connaissait, et Pi, et Pythagore ! Qu'elle était cultivée...!
Ou l'ondée, cette folle, qui laisse sur nos routes des tâches irisées...
Ne serait elle un peu sorcière, à capturer ainsi les prismes de lumière ?
Surtout ne pas les admirer. Ni elles, ni d'ailleurs la rosée.
Il y a mieux à faire qu'étudier ces sornettes. Ou que de versifier.
Rien ne vaut une bonne rediffusion, le soir à la veillée.
jeudi 21 novembre 2013
Les torpeurs de l'automne. (46)
Si Oiseau semble filer à la verticale, le suivre est loin d'être aisé. Sans ailes et à l'horizontale.
D'autant que la route serpente.
Je me demande d'ailleurs quelle mouche m'a piquée. Le long de ce chemin.
Certitude absolue, ce n'est pas mon bourdon. Celui de pèlerin.
Ne serait-ce un rouet, fuseau d'une quenouille ? Une ronce oubliée à la mare aux grenouilles?
Ou bien un aiguillon.
Pourquoi faut il toujours que je m'attarde. Sur des petits détails, à des fagots d"échardes.
Oiseau le ferait-il exprès ? De traverser des cieux, horizons tourmentés. Le pays fou furieux de la curiosité !
Ne me guiderait-il au pays de la Science, de la Philosophie, et de la Quintessence que pour mieux m'endormir? Ou pour me réveiller !
...Toujours est-il que je suis vraiment bien fatiguée...
Si j'étais animal, je serais Ourse brun. Pour grogner à souhait au fond de ma tanière.
J'effectuerais un saut de puce, pour passer vivement Sainte Luce.
A grand galop, fête des Rois. Pour éviter les blancs frimas.
Ou je serais marmotte, le cœur au ralenti. Pour dormir tout l'hiver.
Et je m'éveillerais, par Hélios embrasée, changée en butineuse.
Alors, fraîchement ailée d'une toute nouvelle curiosité.
D'autant que la route serpente.
Je me demande d'ailleurs quelle mouche m'a piquée. Le long de ce chemin.
Certitude absolue, ce n'est pas mon bourdon. Celui de pèlerin.
Ne serait-ce un rouet, fuseau d'une quenouille ? Une ronce oubliée à la mare aux grenouilles?
Ou bien un aiguillon.
Pourquoi faut il toujours que je m'attarde. Sur des petits détails, à des fagots d"échardes.
Oiseau le ferait-il exprès ? De traverser des cieux, horizons tourmentés. Le pays fou furieux de la curiosité !
Ne me guiderait-il au pays de la Science, de la Philosophie, et de la Quintessence que pour mieux m'endormir? Ou pour me réveiller !
...Toujours est-il que je suis vraiment bien fatiguée...
Si j'étais animal, je serais Ourse brun. Pour grogner à souhait au fond de ma tanière.
J'effectuerais un saut de puce, pour passer vivement Sainte Luce.
A grand galop, fête des Rois. Pour éviter les blancs frimas.
Ou je serais marmotte, le cœur au ralenti. Pour dormir tout l'hiver.
Et je m'éveillerais, par Hélios embrasée, changée en butineuse.
Alors, fraîchement ailée d'une toute nouvelle curiosité.
mardi 29 octobre 2013
La fenêtre. (45)
La lumière est très curieuse.
La lumière de m'observer par delà les ouvertures. De l'autre côté du carreau.
Comme une croix, le meneau
devant lequel je contemple.
Et je me tiens là, debout.
Je soupire au soupirail. Mes yeux vitreux au vitrail croisent l'éclat de ses feux.
Mon souffle va lui répondre, en vapeur, exhalaison. Car humide est la saison.
Des bourrasques de l'automne.
Le temps est à la fenêtre. La buée sur les carreaux.
Je dessine des ronds dans l'eau. Mets des formes à ce nuage.
Des motifs géométriques, ellipses et parallèles.
Et le V des hirondelles.
Mon doigt trace des caractères, que ne lirait Champollion.
La lumière sait mon mystère. La lumière sait ma chanson.
La lumière de m'observer par delà les ouvertures. De l'autre côté du carreau.
Comme une croix, le meneau
devant lequel je contemple.
Et je me tiens là, debout.
Je soupire au soupirail. Mes yeux vitreux au vitrail croisent l'éclat de ses feux.
Mon souffle va lui répondre, en vapeur, exhalaison. Car humide est la saison.
Des bourrasques de l'automne.
Le temps est à la fenêtre. La buée sur les carreaux.
Je dessine des ronds dans l'eau. Mets des formes à ce nuage.
Des motifs géométriques, ellipses et parallèles.
Et le V des hirondelles.
Mon doigt trace des caractères, que ne lirait Champollion.
La lumière sait mon mystère. La lumière sait ma chanson.
mardi 15 octobre 2013
La flèche du Temps.(44)
Il y avait longtemps que Oiseau n'avait revêtu sa toge de maître.
Je le soupçonne d'aimer ça !
Soudain, se saisissant d'un arc au ciel, il nous décoche une drôle de flèche.
"- Conjugaison ! Valse en trois temps :
Au présent de la Mémoire, conjuguez le verbe pleuvoir !
Et je ne veux ni " d' il pleuvait", ni "d' il a plu toute la journée."
Il tombe une pluie....continuez !"
"-... Se sont tus, les chants de cigales tout le long du sentier. Les bleuets de l'été dorment aux creux des herbiers."
"- Parfait, vous avez compris. Que le présent vit au passé. Et de ces souvenirs qu'on ne peut dérober.
Maintenant le présent. Mais selon Augustin. Un présent Intuition. Présent que j'aime bien."
Une intuition de pluie ?...Comme dans les prévisions ?... Météorologie...?
"-Il ne faut pas pleuvoir, cela ruine l'espoir. Et cela fait gonfler. Et les lacs. Et les cieux, qui se vident peu à peu. Vont jusqu'à s'assécher."
"-Je vous l'accorde.
Mais mieux. Notez la correction ! :
Tu prends ton parapluie, c'est un temps de saison.
A défaut... un mouchoir...
mais voilà qui est dit !
Passons au temps d'Attente. Passons à ce présent. La pointe de la flèche, de la flèche du temps."
"- La pluie noie le chagrin...il en faut au jardin. Mais je regarde l'horizon et je le trouve flamboyant.
Des rouges de l'automne."
Je le soupçonne d'aimer ça !
Soudain, se saisissant d'un arc au ciel, il nous décoche une drôle de flèche.
"- Conjugaison ! Valse en trois temps :
Au présent de la Mémoire, conjuguez le verbe pleuvoir !
Et je ne veux ni " d' il pleuvait", ni "d' il a plu toute la journée."
Il tombe une pluie....continuez !"
"-... Se sont tus, les chants de cigales tout le long du sentier. Les bleuets de l'été dorment aux creux des herbiers."
"- Parfait, vous avez compris. Que le présent vit au passé. Et de ces souvenirs qu'on ne peut dérober.
Maintenant le présent. Mais selon Augustin. Un présent Intuition. Présent que j'aime bien."
Une intuition de pluie ?...Comme dans les prévisions ?... Météorologie...?
"-Il ne faut pas pleuvoir, cela ruine l'espoir. Et cela fait gonfler. Et les lacs. Et les cieux, qui se vident peu à peu. Vont jusqu'à s'assécher."
"-Je vous l'accorde.
Mais mieux. Notez la correction ! :
Tu prends ton parapluie, c'est un temps de saison.
A défaut... un mouchoir...
mais voilà qui est dit !
Passons au temps d'Attente. Passons à ce présent. La pointe de la flèche, de la flèche du temps."
"- La pluie noie le chagrin...il en faut au jardin. Mais je regarde l'horizon et je le trouve flamboyant.
Des rouges de l'automne."
jeudi 19 septembre 2013
Rêve de caillou. (43)
-Oiseau, raconte moi une histoire.
Une belle, si possible. Une où la Terre tournerait rond.
- Une histoire de Terre ? Oublie-ça. Il faudrait remonter trop loin. Du Temps où Alice passait encore par le trou du terrier. Du Temps où Peter Pan savait encore voler. Et du Temps où les loups n'avaient pas face d'Hommes. Je vais te raconter une histoire de Lune. Pour te faire pleurer.
...Il était une fois...
Pleurer, ça commençait. Avec ce préambule. Un verbe être au passé. Ce petit mot de "une" des choses qui ne durent pas. Associée à" fois".
-Once upon a time,... reprend le volatile.
-Une fois sur le Temps...Bel Oiseau je t'écoute. Et sans interruption.
-Un petit caillou vivait sur le dos de la Lune. Ça fait quoi, un caillou? Surtout de ce côté!
Ça vit sa vie de caillou.
De savantes personnes diront que de rester à attendre comme ça, c’est faire partie de l'équilibre du monde. Être là, est la finalité. Et un jour, de l'état de caillou, on passe à la poussière. Car la postérité, cela ne veut rien dire. Il faut savoir rester logique et ne pas trop chercher ...
Aussi, ses autres congénères en semblaient bien heureux. De leur vie de cailloux. D'être là dans le noir.
Sur le dos de la Lune, il ne fait jamais clair. Et il ne fait pas chaud.
Le petit caillou vivait ainsi depuis bien longtemps. Mais, en secret, il regardait les points lumineux...très très loin, tout là-haut. Qui lui dessinaient des images. Et cela l'occupait. L'aidait à attendre les grands vents. Qui réduisent en poussières.
C'est alors qu' un point brillant zébra le ciel avant de venir s'éteindre non loin de lui.
Puis un autre. Et le petit caillou se dit que peut-être, lui aussi, jadis, il courrait dans le ciel. Et c'étaient là ses frères et ses sœurs qui venaient, pour parler avec lui.
Il le désira tellement que ce fût vrai. Un météore de la taille d'un grain, encore tout brûlant à ses côtés, lui dit:
- Tu regardes ces luminaires mais te souviens- tu qu'il y en a un autre. Gigantesque et non loin d'ici...
De l'autre côté. Et qui inonde le visage de Séléné.
Il y avait si longtemps qu'il était là, que le petit caillou avait perdu la mémoire. Mais à partir de ce jour, il n'eut plus qu'une envie. Voir l'astre géant.
Et sa vie de caillou fût encore plus morne qu'avant.
Les étoiles au firmament lui paraissaient maintenant bien fades. Seul le passage de météores lui rappelant qu'Hélios était, lui amenait quelques joies.
Et le temps passa. S'il existait. Car rien n'est moins certain que le Temps sur le dos de Lune.
D'autres points lumineux vinrent le voir, un matin.
- Il n'y a pas de matin sur la face cachée!
- Ils vinrent un jour alors.
- Mais pas de jours non plus. Vinrent-ils ou il rêva ? Car ça rêve un caillou sur le dos de la Lune.
Et puis ça hurle aussi.
- Hors du Temps, si tu veux , une pluie de météores. Des météores gros comme des poings.
Et le sol de trembler. Une autre pluie encore.
Et le caillou qui saute, et qui saute , et s'envole sur les bords de son monde, à la joue d'Artémis. Limite du quartier.
Et là ! Comme un soleil.Comme un feu dans le ciel. Le caillou qui renaît. Qui brille. Qui se fait or, sur le sol d'argent. Et le caillou de prendre à lui tous les rayons. Il s'en gorge. Il s’enivre. Il en est aveuglé. Du rouge,du vermillon, du jaune, de l'orangé. Des explosions solaires. Qu'il est bon d'exister. De n'être qu'un caillou si c'est de l'admirer. De chanter ses louanges. Et de le regarder.
Sur la joue de la Lune, il y a des matins. Mais il y a des soirs.
Hécate. Lune noire.
L'histoire est terminée.
-Alors il y a encore espoir ? Car une lunaison représente juste une saison...
-C'est vrai en apparence. Mais tout est mouvement, donc sur Terre, parfois non.
Et c'est souvent pour ça, qu'elle ne tourne pas rond.
Une belle, si possible. Une où la Terre tournerait rond.
- Une histoire de Terre ? Oublie-ça. Il faudrait remonter trop loin. Du Temps où Alice passait encore par le trou du terrier. Du Temps où Peter Pan savait encore voler. Et du Temps où les loups n'avaient pas face d'Hommes. Je vais te raconter une histoire de Lune. Pour te faire pleurer.
...Il était une fois...
Pleurer, ça commençait. Avec ce préambule. Un verbe être au passé. Ce petit mot de "une" des choses qui ne durent pas. Associée à" fois".
-Once upon a time,... reprend le volatile.
-Une fois sur le Temps...Bel Oiseau je t'écoute. Et sans interruption.
-Un petit caillou vivait sur le dos de la Lune. Ça fait quoi, un caillou? Surtout de ce côté!
Ça vit sa vie de caillou.
De savantes personnes diront que de rester à attendre comme ça, c’est faire partie de l'équilibre du monde. Être là, est la finalité. Et un jour, de l'état de caillou, on passe à la poussière. Car la postérité, cela ne veut rien dire. Il faut savoir rester logique et ne pas trop chercher ...
Aussi, ses autres congénères en semblaient bien heureux. De leur vie de cailloux. D'être là dans le noir.
Sur le dos de la Lune, il ne fait jamais clair. Et il ne fait pas chaud.
Le petit caillou vivait ainsi depuis bien longtemps. Mais, en secret, il regardait les points lumineux...très très loin, tout là-haut. Qui lui dessinaient des images. Et cela l'occupait. L'aidait à attendre les grands vents. Qui réduisent en poussières.
C'est alors qu' un point brillant zébra le ciel avant de venir s'éteindre non loin de lui.
Puis un autre. Et le petit caillou se dit que peut-être, lui aussi, jadis, il courrait dans le ciel. Et c'étaient là ses frères et ses sœurs qui venaient, pour parler avec lui.
Il le désira tellement que ce fût vrai. Un météore de la taille d'un grain, encore tout brûlant à ses côtés, lui dit:
- Tu regardes ces luminaires mais te souviens- tu qu'il y en a un autre. Gigantesque et non loin d'ici...
De l'autre côté. Et qui inonde le visage de Séléné.
Il y avait si longtemps qu'il était là, que le petit caillou avait perdu la mémoire. Mais à partir de ce jour, il n'eut plus qu'une envie. Voir l'astre géant.
Et sa vie de caillou fût encore plus morne qu'avant.
Les étoiles au firmament lui paraissaient maintenant bien fades. Seul le passage de météores lui rappelant qu'Hélios était, lui amenait quelques joies.
Et le temps passa. S'il existait. Car rien n'est moins certain que le Temps sur le dos de Lune.
D'autres points lumineux vinrent le voir, un matin.
- Il n'y a pas de matin sur la face cachée!
- Ils vinrent un jour alors.
- Mais pas de jours non plus. Vinrent-ils ou il rêva ? Car ça rêve un caillou sur le dos de la Lune.
Et puis ça hurle aussi.
- Hors du Temps, si tu veux , une pluie de météores. Des météores gros comme des poings.
Et le sol de trembler. Une autre pluie encore.
Et le caillou qui saute, et qui saute , et s'envole sur les bords de son monde, à la joue d'Artémis. Limite du quartier.
Et là ! Comme un soleil.Comme un feu dans le ciel. Le caillou qui renaît. Qui brille. Qui se fait or, sur le sol d'argent. Et le caillou de prendre à lui tous les rayons. Il s'en gorge. Il s’enivre. Il en est aveuglé. Du rouge,du vermillon, du jaune, de l'orangé. Des explosions solaires. Qu'il est bon d'exister. De n'être qu'un caillou si c'est de l'admirer. De chanter ses louanges. Et de le regarder.
Sur la joue de la Lune, il y a des matins. Mais il y a des soirs.
Hécate. Lune noire.
L'histoire est terminée.
-Alors il y a encore espoir ? Car une lunaison représente juste une saison...
-C'est vrai en apparence. Mais tout est mouvement, donc sur Terre, parfois non.
Et c'est souvent pour ça, qu'elle ne tourne pas rond.
jeudi 12 septembre 2013
Le Carnet de Correspondance. (42)
Du raisin sur la treille, conférences au jardin.
Et un parfum qui flotte.
Temps des rentrées lointaines. Poussiéreuse pendule à ce cadran scolaire. Qui s'est tout effacé.
Formation continue, en un rythme solaire. Du soutien accordé.
Celle-ci se veut épistolaire. En grande section s'il vous plait. Mais version remastérisée.
Et maître Oiseau à son pupitre.
Qui dirige ou qui fait le pitre.
Met deux L au mot liberté.
Au programme de la saison, un cours de destruction massive. Celle des lignes imaginaires...que l'on appelle des frontières.
Un cours de grande qualité. Celui de la Paix retrouvée.
Ensuite, partage du goûter.
L'après-midi est pour les Sciences.
Ciel, eau, jour, nuit, tropiques. Religieuses Mathématiques.
Puis cours de langues appliquées.
Des mots de toutes les couleurs au joli verbiage des fleurs.
Chapitre I, grand A, notez !
Que si le zéphir entremêle, et mêle encore les ancolies...l'automne apporte des colchiques...qui bien loin d'être toxiques, le cœur savent cautériser.
Et un parfum qui flotte.
Temps des rentrées lointaines. Poussiéreuse pendule à ce cadran scolaire. Qui s'est tout effacé.
Formation continue, en un rythme solaire. Du soutien accordé.
Celle-ci se veut épistolaire. En grande section s'il vous plait. Mais version remastérisée.
Et maître Oiseau à son pupitre.
Qui dirige ou qui fait le pitre.
Met deux L au mot liberté.
Au programme de la saison, un cours de destruction massive. Celle des lignes imaginaires...que l'on appelle des frontières.
Un cours de grande qualité. Celui de la Paix retrouvée.
Ensuite, partage du goûter.
L'après-midi est pour les Sciences.
Ciel, eau, jour, nuit, tropiques. Religieuses Mathématiques.
Puis cours de langues appliquées.
Des mots de toutes les couleurs au joli verbiage des fleurs.
Chapitre I, grand A, notez !
Que si le zéphir entremêle, et mêle encore les ancolies...l'automne apporte des colchiques...qui bien loin d'être toxiques, le cœur savent cautériser.
mercredi 4 septembre 2013
Feu d'artifice (41)
-Entends-tu?
Que devrais-je encore entendre ? J'ai sommeil et puis je ne veux plus écouter.
-Entends-encore. Juste un peu. S'il te plait.
Je soupire.
C'est la fin de l'été , il n' y a plus rien à faire.
-Concentrons nous veux-tu?
J'obéis, j'obtempère. Oiseau est insistant.
Les champs blonds sont coupés, que pourrais-je bien apprendre?
Et là, la tige d'or qu'on a guillotinée, émet un craquement. Elle, et puis une autre. Une voisine plus loin. Ça claque de partout, sur les bordures sèches, comme un feu d'artifice.
Jaillissent les criquets et les papillons jaunes.
Je n'écoute plus, j'entends, je sens et je partage.
Sur le ciel encore bleu, sur le ciel mature, les feuillages eux aussi se découpent ridés. Rougissent de plaisir de voir encore briller, un soleil qui résiste à tous calendriers.
L'explosion se prépare. Celle des feux de l'automne. Et la terre crépite. Gardant en souvenir, au creux de ses sillons, et bientôt retournées par la charrue du Temps, les chaleurs de l'été.
Que devrais-je encore entendre ? J'ai sommeil et puis je ne veux plus écouter.
-Entends-encore. Juste un peu. S'il te plait.
Je soupire.
C'est la fin de l'été , il n' y a plus rien à faire.
-Concentrons nous veux-tu?
J'obéis, j'obtempère. Oiseau est insistant.
Les champs blonds sont coupés, que pourrais-je bien apprendre?
Et là, la tige d'or qu'on a guillotinée, émet un craquement. Elle, et puis une autre. Une voisine plus loin. Ça claque de partout, sur les bordures sèches, comme un feu d'artifice.
Jaillissent les criquets et les papillons jaunes.
Je n'écoute plus, j'entends, je sens et je partage.
Sur le ciel encore bleu, sur le ciel mature, les feuillages eux aussi se découpent ridés. Rougissent de plaisir de voir encore briller, un soleil qui résiste à tous calendriers.
L'explosion se prépare. Celle des feux de l'automne. Et la terre crépite. Gardant en souvenir, au creux de ses sillons, et bientôt retournées par la charrue du Temps, les chaleurs de l'été.
jeudi 29 août 2013
Le Maître de Forges. (40)
Je cours les marchés et les villes. Je questionne même les souterrains.
Il parait que seul sur son île, il sait les secrets de l'airain. Et qu'il y fabrique la foudre.
Roche ignée, granite, lave en poudre.
Le tout réduit en un chaudron.
Minerai grouillant des entrailles. Que c'est un divin forgeron!
Et qu'il claudique aux yeux du monde.
Bel indice pour le retrouver...
Taratata, point de sornettes! Je veux un forgeron sorcier.
Frappant du marteau sur l'enclume, et cuivre rouge et cuivre blond.
Ami d'Achille, le saint patron
qui au cœur de Rose soit capable, de fabriquer une belle armure
toute en acier inoxydable car oubli de mère Nature,
il y manque ... quelques épines.
Quelques épines bien acérées.
Mais là, Oiseau n'est pas d'accord. Cela m'aurait bien étonnée...
et le voilà parti dans mille explications :
Botaniques...évidemment !
"La tige est encore près du sol. Là où croupissent les limons.
Mais le cœur tutoie le Soleil...c'est la meilleure des protections."
"...Ta Parole est murmure
Comme un secret d'amour
Ta Parole est blessure
Qui nous ouvre le jour;..,"
Il parait que seul sur son île, il sait les secrets de l'airain. Et qu'il y fabrique la foudre.
Roche ignée, granite, lave en poudre.
Le tout réduit en un chaudron.
Minerai grouillant des entrailles. Que c'est un divin forgeron!
Et qu'il claudique aux yeux du monde.
Bel indice pour le retrouver...
Taratata, point de sornettes! Je veux un forgeron sorcier.
Frappant du marteau sur l'enclume, et cuivre rouge et cuivre blond.
Ami d'Achille, le saint patron
qui au cœur de Rose soit capable, de fabriquer une belle armure
toute en acier inoxydable car oubli de mère Nature,
il y manque ... quelques épines.
Quelques épines bien acérées.
Mais là, Oiseau n'est pas d'accord. Cela m'aurait bien étonnée...
et le voilà parti dans mille explications :
Botaniques...évidemment !
"La tige est encore près du sol. Là où croupissent les limons.
Mais le cœur tutoie le Soleil...c'est la meilleure des protections."
"...Ta Parole est murmure
Comme un secret d'amour
Ta Parole est blessure
Qui nous ouvre le jour;..,"
Gilbert Bécaud
mardi 20 août 2013
La poudre aux cieux (39)
Oiseau est un illusionniste. En son domaine il est champion mon bel oiseau caméléon.
Mais ce qui est vraiment magique, c'est qu'il ne le fait pas exprès.
On dirait un enfant gâté.
Parfois.
L'air de rien, le regard en coin.
Il trace les aurores du ciel. Et mêle l'eau à l'horizon. Sait faire vibrer le diapason.
Laisse apparaître des mirages dans des nuages plumes cendrées.
Ensuite il se tortille le bec... et puis petite moue étonnée.
-J'ai fait tout ça? Tout déclenché? Je n'y avais même pas pensé.
Et Oiseau s'endort sur sa branche... pour ne pas être dérangé. Mais demain il va se venger.
En poussant son chant à tue-tête quand le soleil pointera le nez...
Mais ce qui est vraiment magique, c'est qu'il ne le fait pas exprès.
On dirait un enfant gâté.
Parfois.
L'air de rien, le regard en coin.
Il trace les aurores du ciel. Et mêle l'eau à l'horizon. Sait faire vibrer le diapason.
Laisse apparaître des mirages dans des nuages plumes cendrées.
Ensuite il se tortille le bec... et puis petite moue étonnée.
-J'ai fait tout ça? Tout déclenché? Je n'y avais même pas pensé.
Et Oiseau s'endort sur sa branche... pour ne pas être dérangé. Mais demain il va se venger.
En poussant son chant à tue-tête quand le soleil pointera le nez...
vendredi 2 août 2013
La Rose et la Salamandre.(38)
J'ai mis la rose entre deux pages...
Mille ans qu'elle attendait, refleurissait sans cesse. Mille ans qu'elle espérait...dix siècles qu'elle savait. Même un peu plus encore.
Odes des troubadours qui propageaient la flamme.
Au détour d'un sentier, ou le long d'un chemin, il était obligé qu'elle le croise un matin.
Rose les yeux vers le ciel, lui sur l'eau du ruisseau...ou accrochant aux arbres les voiles de dentelles de quelques araignées, les fileuses des bois.
Elle a crié très fort, en son for intérieur. Pour que nul ne devine son appel dans la nuit. Ses prières au Soleil. Personne. Juste lui.
Elle s'est habituée, elle allait même guérir.
Pour cette floraison, était venu le temps de la résignation. Elle avait accepté de perdre ses pétales, de perdre les pédales...l'ombre ne viendrait plus.
Existait-il vraiment, le guide son âme? Ou bien tous ces messages, d'anges sinon de démons, n'étaient que dans sa tête. Et n'étaient que foutaise.
Elle a crié si fort...!
Rose un soir, sur son banc, Rose un soir sur sa pierre, l'espace d'un instant, au clair d'un réverbère a reconnu sa voix...a capté sa Lumière. Libre, furtive et belle. Salamandre en plein feu.
Hélas...
La victorieuse certitude suivie de la décrépitude...inéluctable de la fleur.
J'ai mis la Rose entre deux pages...dans mes chers livres elle va sécher.
A dans une autre vie, peut-être...! La Fleur sur le Temps sait danser.
Mille ans qu'elle attendait, refleurissait sans cesse. Mille ans qu'elle espérait...dix siècles qu'elle savait. Même un peu plus encore.
Odes des troubadours qui propageaient la flamme.
Au détour d'un sentier, ou le long d'un chemin, il était obligé qu'elle le croise un matin.
Rose les yeux vers le ciel, lui sur l'eau du ruisseau...ou accrochant aux arbres les voiles de dentelles de quelques araignées, les fileuses des bois.
Elle a crié très fort, en son for intérieur. Pour que nul ne devine son appel dans la nuit. Ses prières au Soleil. Personne. Juste lui.
Elle s'est habituée, elle allait même guérir.
Pour cette floraison, était venu le temps de la résignation. Elle avait accepté de perdre ses pétales, de perdre les pédales...l'ombre ne viendrait plus.
Existait-il vraiment, le guide son âme? Ou bien tous ces messages, d'anges sinon de démons, n'étaient que dans sa tête. Et n'étaient que foutaise.
Elle a crié si fort...!
Rose un soir, sur son banc, Rose un soir sur sa pierre, l'espace d'un instant, au clair d'un réverbère a reconnu sa voix...a capté sa Lumière. Libre, furtive et belle. Salamandre en plein feu.
Hélas...
La victorieuse certitude suivie de la décrépitude...inéluctable de la fleur.
J'ai mis la Rose entre deux pages...dans mes chers livres elle va sécher.
A dans une autre vie, peut-être...! La Fleur sur le Temps sait danser.
mardi 11 juin 2013
Mon ancre violette. (37)
Quelques images pour un hommage. Semis de fleurs violettes.
Sur fond de tablier. A l'heure du goûter.
Rhubarbe en confiture, raisin grappes vermeilles ou vendu en bouteille. Jus de fruit parfumé.
Quelques histoires mystérieuses pour faire de moi une curieuse. Quelques histoires, quelques secrets. Goût de gâteaux flamands sucrés.
Dimanche midi palets de dame. Voyages en mots chemin des larmes. Illustrés de photos jaunies.
C'était au temps des Dardanelles.
Des mains parcheminées où danse le crochet. Et où court la dentelle.
Quand il s'adresse à elle, papa qui dit Grany.
Des boules de parfum crème, eau de Cologne ambrée et papier d'Arménie.
Fragrance de lilas. Colchiques dans les près, à chaque fin d'été.
Mauve de toute une vie, couleur en demi-teinte. Laissée en héritage. Pour mes heures d'écriture. Et de lecture aussi...
Des livres auprès du lit.
Pluie de petits dictons pour traverser le temps et garder la mémoire. Faire chanter les couleurs.
Un chignon bien serré tout de fils argentés et suprême trésor, lorsque l'on a sept ans, une dent couleur or au sourire diamant.
Sur fond de tablier. A l'heure du goûter.
Rhubarbe en confiture, raisin grappes vermeilles ou vendu en bouteille. Jus de fruit parfumé.
Quelques histoires mystérieuses pour faire de moi une curieuse. Quelques histoires, quelques secrets. Goût de gâteaux flamands sucrés.
Dimanche midi palets de dame. Voyages en mots chemin des larmes. Illustrés de photos jaunies.
C'était au temps des Dardanelles.
Des mains parcheminées où danse le crochet. Et où court la dentelle.
Quand il s'adresse à elle, papa qui dit Grany.
Des boules de parfum crème, eau de Cologne ambrée et papier d'Arménie.
Fragrance de lilas. Colchiques dans les près, à chaque fin d'été.
Mauve de toute une vie, couleur en demi-teinte. Laissée en héritage. Pour mes heures d'écriture. Et de lecture aussi...
Des livres auprès du lit.
Pluie de petits dictons pour traverser le temps et garder la mémoire. Faire chanter les couleurs.
Un chignon bien serré tout de fils argentés et suprême trésor, lorsque l'on a sept ans, une dent couleur or au sourire diamant.
vendredi 24 mai 2013
Tragédie du printemps.(36)
Soudain, un trait de gomme effiloche les mots que les passages avaient écrits à tire d'aile. Milliers de mots dessus le ciel. Phrases cousues depuis les arbres ont disparu comme traînées d'avions.
Chansons douces des berceuses. Mots de consolation. Paroles d'encouragement. Billets d'excuses aux heures de fièvres.
Et tout ce temps passé à guetter que chats ou sacripants ne découvrent la cachette. A l'abri dans les pierres.
Sans compter les tonnes de vers. Dont la recherche avait fait maigrir Oiseau.
Ou l'avait fait prendre quelques kilos... A tourner dans les sauces ! Et à goûter les crêpes.
Depuis quelques temps plus rien n'était pareil.
Oiseau le voyait bien.
Les œufs de jade qui, jadis, avaient coiffé les oisillons n'étaient plus que poussières et dans le nid, à son approche, on détournait la tête.
"Les lombrics n'étaient plus assez gras". Ou encore" l'étaient trop".
Et la nichée soupirait, en gonflant les petits poitrails. Et préférait tuer le temps à envoyer à coup de bec, des messages à ces galopins peuplant taillis et bois voisins.
Au plus beau de la journée, triste constatation.
Le nid était vide.
Cela devait arriver. Nature l'a décidé ainsi. On ne fait pas les petits pour soi.
Comme un trait de gomme le Temps effiloche tout. Même ces marques que l'on croit indélébiles. Celles de l'Amour inconditionnel.
Sur sa branche, la pauvre huppe scrute le ciel. Maintenant, ses jeunes volent de leur propres ailes.
Ne se retourneront-il pas ?
J'ai lu un jour que les oiseaux ne savaient pas qu'ils savent.
Mais ce que je sais aussi, c'est qu'un jour, à leur tour, les oisillons seront oiseaux.
Chansons douces des berceuses. Mots de consolation. Paroles d'encouragement. Billets d'excuses aux heures de fièvres.
Et tout ce temps passé à guetter que chats ou sacripants ne découvrent la cachette. A l'abri dans les pierres.
Sans compter les tonnes de vers. Dont la recherche avait fait maigrir Oiseau.
Ou l'avait fait prendre quelques kilos... A tourner dans les sauces ! Et à goûter les crêpes.
Depuis quelques temps plus rien n'était pareil.
Oiseau le voyait bien.
Les œufs de jade qui, jadis, avaient coiffé les oisillons n'étaient plus que poussières et dans le nid, à son approche, on détournait la tête.
"Les lombrics n'étaient plus assez gras". Ou encore" l'étaient trop".
Et la nichée soupirait, en gonflant les petits poitrails. Et préférait tuer le temps à envoyer à coup de bec, des messages à ces galopins peuplant taillis et bois voisins.
Au plus beau de la journée, triste constatation.
Le nid était vide.
Cela devait arriver. Nature l'a décidé ainsi. On ne fait pas les petits pour soi.
Comme un trait de gomme le Temps effiloche tout. Même ces marques que l'on croit indélébiles. Celles de l'Amour inconditionnel.
Sur sa branche, la pauvre huppe scrute le ciel. Maintenant, ses jeunes volent de leur propres ailes.
Ne se retourneront-il pas ?
J'ai lu un jour que les oiseaux ne savaient pas qu'ils savent.
Mais ce que je sais aussi, c'est qu'un jour, à leur tour, les oisillons seront oiseaux.
vendredi 26 avril 2013
Le petit Théâtre.(35)
Un ballet de brindilles. Décors de ciel fondant, branchages à l'avant-scène. Sous le grand projecteur va-et-vient incessants. Printemps finalement a frappé les trois coups. Car la salle était pleine. Mais surtout impatiente.
Oiseau fait son spectacle. Son grand show annuel. Sa kermesse colorée. Comédie musicale et grandes envolées.
Au lever du rideau sa mélodie naissante.
Tonnerre d' applaudissements des joyeux contrevents aux façades de pierres.
Comédie en trois actes:
"Oiseau construit son nid."
Il faut ranger le nôtre. Nettoyage de printemps.
Un balai de coco. Pour chasser les ennuis. Les moutons d' "habitude" dormants sous les armoires. Faiblesses, préjugés, cafards et idées noires.
Aérons la maison, oxygénons nos cœurs, révisons jugements et autres à priori. Éveillons nos consciences car si Oiseau s'affaire et semble n'avoir que faire de nos occupations, il reste aux aguets.
De ses coulisses boisées. Nommé metteur en scène !
jeudi 11 avril 2013
Au pays de Merveille.(34)
Il est tombé des cordes. Que de l'eau, en cascade. Ciel qui pleure en séries. Un déluge sans arche, sans refuge, sans répit. Sans même de colombe. Oiseau de papier peint rayé d'un trait de gomme. Oiseau n'existe plus. Puisqu'il ne sert à rien. Qu'à montrer des chemins juste pour s'embourber.
Et Rose, en son jardin, et Rose sur sa tige a perdu ses pétales. Les unes après les autres.
Sous les assauts du vent, jadis son ami. Le même qui autrefois dissipait ses fragrances. Au delà des buissons.
La dent de cochenilles qui n'auront jamais d'ailes et convoitent sa robe, trouvant présomptueuse sa quête de soleil.
Et le poids des nuages inondant sa corolle. A la faire ployer sous son arc d'épines. A la faire toucher terre.
Il est tombé des cordes ? Un genre de théorie ?
C'est là que la merveille, celle qui veille au jardin, la vraie, Dame Nature, accomplit son miracle.
A l'abri d'un pétiole, un point rouge, comme un grain, comme le centre d'un cercle. Où petit à petit, un bouton minuscule, va émerger du tout, et pointer vert des feuilles en s'ouvrant à la pluie. A pointer vert.. et Rose.
Et Rose, en son jardin, et Rose sur sa tige a perdu ses pétales. Les unes après les autres.
Sous les assauts du vent, jadis son ami. Le même qui autrefois dissipait ses fragrances. Au delà des buissons.
La dent de cochenilles qui n'auront jamais d'ailes et convoitent sa robe, trouvant présomptueuse sa quête de soleil.
Et le poids des nuages inondant sa corolle. A la faire ployer sous son arc d'épines. A la faire toucher terre.
Il est tombé des cordes ? Un genre de théorie ?
C'est là que la merveille, celle qui veille au jardin, la vraie, Dame Nature, accomplit son miracle.
A l'abri d'un pétiole, un point rouge, comme un grain, comme le centre d'un cercle. Où petit à petit, un bouton minuscule, va émerger du tout, et pointer vert des feuilles en s'ouvrant à la pluie. A pointer vert.. et Rose.
lundi 18 mars 2013
Le musée imaginaire. (33)
Une idée saugrenue. Celle de collectionner. Mais collectionner quoi ?
Des fleurs comme la prairie? Bleuets et pissenlits? Fraîches fleurs de saisons. En tapis, en boutons. Je les possède toutes! De chaque côté des routes.
Alors des cailloux blancs, silex et fossiles, galets plats, coquillages.
Si je suis sur la plage, je foule leur écrin et puis pour les cailloux, j'en ai plein les chemins.
Il faut changer un peu et être originale. Dans mon monde musée, que puis-je rassembler?
Tant de soleils-levant éclairent mes horizons. Difficile de classer mes siestes estivales. Quand aux tics et aux tacs, des montres et des horloges, s'il fallait les compter, je ne dormirais plus. Et cela m’ennuierait, je collectionne les rêves.
Je caresse l'espoir de remplir d'autres armoires. Une collection d'âneries? J'en ai bien quelques pièces. Devenir numismate ? Pour tester l'avarice...laissons là ces malices!
J'ai trouvé. Denrée rare. Collection de silence. Et de calme en tout genre. Kyrielle de soupirs, pauses et interruptions. De messes basses, de répits et de... chut! Tais toi donc !
Des fleurs comme la prairie? Bleuets et pissenlits? Fraîches fleurs de saisons. En tapis, en boutons. Je les possède toutes! De chaque côté des routes.
Alors des cailloux blancs, silex et fossiles, galets plats, coquillages.
Si je suis sur la plage, je foule leur écrin et puis pour les cailloux, j'en ai plein les chemins.
Il faut changer un peu et être originale. Dans mon monde musée, que puis-je rassembler?
Tant de soleils-levant éclairent mes horizons. Difficile de classer mes siestes estivales. Quand aux tics et aux tacs, des montres et des horloges, s'il fallait les compter, je ne dormirais plus. Et cela m’ennuierait, je collectionne les rêves.
Je caresse l'espoir de remplir d'autres armoires. Une collection d'âneries? J'en ai bien quelques pièces. Devenir numismate ? Pour tester l'avarice...laissons là ces malices!
J'ai trouvé. Denrée rare. Collection de silence. Et de calme en tout genre. Kyrielle de soupirs, pauses et interruptions. De messes basses, de répits et de... chut! Tais toi donc !
mercredi 6 mars 2013
Chant du" passer domesticus." (32)
Une pause au doux soleil de fin d'hiver et un ciel qui devient sombre. Des oiseaux, de proie, ou de mauvaises augures qui de leur envergure, d'ailes qui n'en sont pas, nous cachent l'astre roi.
Cauchemar.
Que veulent les rapaces? Prédateurs associés ! En bande organisée.
Griffes, serres acérées et le bec crochu. Parachute doré au cas ou les soupirs, les souffles de la plaine baisseraient la cadence. Ne les maintiendraient pas. A leur très hauts paliers.
Tels Icare, un jour ou l'autre, ces messieurs vont tomber, à force de vouloir flamber.
Le soleil déteste qu'on lui fasse de l'ombre. Il effiloche bien les nuages...il les fera partir en fumée.
Tôt ou tard. Parole de moineau !
Cauchemar.
Que veulent les rapaces? Prédateurs associés ! En bande organisée.
Griffes, serres acérées et le bec crochu. Parachute doré au cas ou les soupirs, les souffles de la plaine baisseraient la cadence. Ne les maintiendraient pas. A leur très hauts paliers.
Tels Icare, un jour ou l'autre, ces messieurs vont tomber, à force de vouloir flamber.
Le soleil déteste qu'on lui fasse de l'ombre. Il effiloche bien les nuages...il les fera partir en fumée.
Tôt ou tard. Parole de moineau !
lundi 25 février 2013
Marchand d'heures. (31)
-"Il faudrait que s'ouvre une épicerie. Tout me fait défaut, même ici!
-"Tout ?" siffle Oiseau.
-"Pas tout tout, vois-tu, mais au moins pouvoir trouver l'essentiel.
A commencer par de grands bocaux. Des grands bocaux de temps. Du temps en billes rouges, du temps en billes bleues qui colorent la langue. Et en faire des bulles. Des bulles qui explosent si on les gonfle trop...
Des matins soleil en sirop. Des soirées sans déconfitures.
Ou encore des heures en bouteilles. En tête de rayon. A consommer sans modération.
Des boites de minutes à craquer comme des allumettes. A croquer comme des gaufrettes.
Une épicerie avec un coin fromagerie. Du temps en tranches, pour l'apéro. Quelques trous dans le temps juste pour faire joli, du demi affiné. Même du temps à râper.
Et à la devanture, coin des quatre-saisons. Des kilos de journées pesées sur la balance...du temps à dépenser. Sans devoir le compter."
-"Tout ?" siffle Oiseau.
-"Pas tout tout, vois-tu, mais au moins pouvoir trouver l'essentiel.
A commencer par de grands bocaux. Des grands bocaux de temps. Du temps en billes rouges, du temps en billes bleues qui colorent la langue. Et en faire des bulles. Des bulles qui explosent si on les gonfle trop...
Des matins soleil en sirop. Des soirées sans déconfitures.
Ou encore des heures en bouteilles. En tête de rayon. A consommer sans modération.
Des boites de minutes à craquer comme des allumettes. A croquer comme des gaufrettes.
Une épicerie avec un coin fromagerie. Du temps en tranches, pour l'apéro. Quelques trous dans le temps juste pour faire joli, du demi affiné. Même du temps à râper.
Et à la devanture, coin des quatre-saisons. Des kilos de journées pesées sur la balance...du temps à dépenser. Sans devoir le compter."
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